La ponctualité est la politesse des rois, paraît-il… Mais quelle est donc la politesse des entêtées ?

Voilà la question que se posait Max à 17h45, cet après-midi de septembre …

Il avait convoqué la jeune Malika, une nouvelle étudiante, une forte tête, qui, depuis son arrivée, donnait beaucoup de fil à retordre au corps enseignant : beaucoup d’insolence, de manque de respect et de désinvolture… Bref, le genre de comportement que l’Institut se devait de combattre avec pugnacité.

17h46… toujours personne. Max commence à sérieusement s’impatienter !

17h55 la porte du bureau s’ouvre, et une belle et grande jeune femme entre en coup de vent.

«  Vous vouliez me voir? »

Sans y avoir été invitée, elle s’assoit sur une chaise .

Max prend quelques secondes pour analyser la situation et l’ampleur de la tâche de remédiation qui l’attend !

« Euh… oui . Bonjour Malika.

- Bonjour Massecouille !

- … Bien … Hem ! Quelques petites remarques :

Premièrement, 17h45 ce n’est pas 17h55.

Deuxièmement, on frappe avant d’entrer.

Troisièmement, vous attendez que je vous le propose avant de prendre un siège.

Quatrièmement, les étudiantes sont priées de venir en cours en uniforme.

Cinquièmement…

- Il y en a beaucoup, encore ?

- Cinquièmement, je ne m’appelle pas Massecouille, mais Professeur Max.

- Non.

- Quoi, non ?

- Vous n’êtes pas professeur. Un professeur, il est en cours, face à ses étudiants, pas affalé tout seul dans un bureau. C’est sympa, la retraite ? »

Max, vous commencez à le connaître un peu : pédagogue, bienveillant, tolérant, ouvert,  patient, indulgent, …

Mais là… comment dire ? Il commence à ressentir un vague soupçon d’agacement !

Il se lève, se dirige vers le canapé, s’y installe en position du lotus, ferme les yeux et psalmodie quelques sonorités dans un murmure inaudible.

Puis il se dirige vers la jeune étudiante, la prend par la main pour l’inviter à se lever.

« Allons sur le canapé, je vais essayer de vous convaincre.

- Vous ne me ferez pas changer de position : vous n’êtes pas professeur, un point c’est tout ! Mais je veux bien aller sur le canapé, puisque vous y tenez. »

Elle envoie valser ses chaussures et s’allonge sur le dos dans toute la longueur du canapé.

allg

« Ce n’est pas tout à fait, la position que j’envisageais. Relevez-vous, je vais m’asseoir, et vous allez vous allonger sur mes genoux !

- Non ! J’ai dit que vous ne me feriez pas changer de position ! »

Max essaie de redresser Malika, mais elle résiste. Comment faire ? Max a horreur de la violence, il ne va pas contraindre l’effrontée par la force.

C’est alors qu’il a une idée : du bout des doigts, il caresse la plante des pieds nus de l’étudiante. La réaction ne se fait pas attendre. Elle se tortille et se redresse en gloussant.

Max en profite pour s’asseoir.

« Bon d’accord, je m’allonge sur vos genoux, mais c’est de mon plein gré ! Pas parce que vous me l’avez demandé ! 

- Bien sûr, Malika ! Cela va de soi ! »

Alors, comment décrire ce qui s’est passé ensuite ?

Disons que la pédagogie, la bienveillance, la tolérance et tout le toutim ont été provisoirement mises entre parenthèses…

Mlktk

Un feu d’artifice de trois quarts d’heures au cours desquels la main du valeureux directeur ainsi que sa fameuse caressante furent mises à rude épreuve !

Les fesses de Malika étaient rouges et brûlantes. Elle se tortillait et gémissait parfois, tentait de se protéger avec ses mains, mais, même après 45 minutes de thérapie maxienne,  elle ne voulait toujours pas en démordre :

« Non , vous n’êtes pas un professeur ! Aaaaaïe ! 

- D’accord, je ne suis pas un professeur, mais toi tu vas aller au coin !

- C’est hors de question ! Je n’irai pas ! »

Quelques minutes plus tard, la jeune femme était au coin (de son plein gré, avait-elle tenu à préciser) , le nez collé au mur, en train de frotter son pauvre derrière endolori, tout rouge de confusion. Pendant que Max rangeait la caressante dans son  tiroir, il l’entendait marmonner :

« Non, vous n’êtes pas un professeur… même pas un fesseur, d’ailleurs ! »

Mais la gentillesse naturelle de Max étant revenue, il ne lui en tint pas rigueur pour cette fois-ci !

Et, en contemplant le résultat de son travail, il parvint à la conclusion suivante :

« La politesse des entêtées s’exprime par la rougeur de leurs fesses. »