Littérature (Théâtre) : Les stances de Rodriguette
Pour bien commencer la rentrée, un peu de littérature classique...
Percée jusques au fond du coeur
D'une atteinte brûlante aussi bien que vexante,
Les fesses à l’air au coin dans une longue attente,
Malheureuse victime d’une injuste rigueur,
Je demeure immobile, et me sens courbatue
En me massant le cul.
Mais quelle cuisante déculottée !
O Dieu, l'étrange peine !
J’ai bêtement dit : « J’aime la fessée »,
Et le fesseur en a saisi l’aubaine !
Je suis une femme qu’on bat !
Qu’on humilie en claquant ses petites fesses,
Au moindre dérapage, à la moindre faiblesse
Et pourtant, malgré tout, je ne proteste pas.
Je sens au fond de moi brûler cette lueur,
Petit feu intérieur,
Qui me procure un plaisir infini.
Dieu, l'étrange peine !
J’ai dit que je voulais être punie
Et le fesseur en a saisi l’aubaine !
Corneille "La Cide" acte 1 scène 6
1) Quel sentiment prédomine dans le monologue de Rodriguette ?
2) Comment cet extrait exprime-t-il le conflit intérieur de Rodriguette ?
3) Combien d’alexandrins trouve-t-on dans chaque stance ?
4) Relevez un octosyllabe

